La production d’électricité renouvelable en France : bilan
Eolien, photovoltaïque, hydro-électricité, biomasse, biogaz...où en est la France?

Le 28 mars 2017 :

 La France comptait fin 2016 plus de 46 gigawatts de capacités de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables

 1. L’ éolien

La puissance totale installée fin septembre 2016 dans l’hexagone était de 11.166 Megawatts, ce qui fait de la France le quatrième parc éolien le plus important d’Europe derrière l’Allemagne (44.946 MW) l’Espagne (23.025 MW) et le Royaume Uni (13.855 Mw).
L’objectif pour 2018 est d’atteindre les 15.000 MW.


En 2015, la filière éolienne en pleine croissance a rapporté 2.905 millions d’euros de chiffre d’affaire, chiffre l’observatoire. Elle aurait créé presque 2000 emplois durant l’année 2015.


2. Le photovoltaïque

La puissance installée fin 2016 était de 7.017 Megawatts réparties sur 378.899 installations
photovoltaïques. 367 MW de cette puissance est installée dans les départements d’Outre Mer. L’objectif pour la fin 2018 est d’atteindre une puissance installée de 10.200 MW.

Malgré une baisse de la puissance raccordée chaque année, la France demeure le quatrième parc éolien européen derrière l’Allemagne (39.762,8 MW), l’Italie (18.924 MW) et le Royaume-Uni (8917,7 MW). “Le photovoltaïque a permis la production de 7,7 TWh d’électricité en 2015, soit 1,6 % de la consommation électrique française” chiffre le baromètre Observ’ER.

La filière employait 8230 personnes fin 2015, et aurait généré cette année là un chiffre d’affaire de 4.439 millions d’euros.


3. L’hydroélectricité

Avec 25.479 Mégawatts de puissance installée, l’eau reste de loin la plus importante source d’électricité renouvelable en France. C’est d’ailleurs la seconde source d’électricité de l’hexagone (11% de la production totale), juste après le nucléaire. La France est le premier pays de l’Union européenne en termes de capacité hydro­
électrique installée. Sur le continent européen, seul la Norvège dispose d’une puissance installée plus importante d’environ 31.000 MW. Il est à noter que dans ce pays, l’hydroélectricité représente 96% de la production électrique, chiffre le rapport.

En 2015 la filière a généré un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros, et représente presque 12.400 emplois.

4. La biomasse solide

Les centrales à biomasse solide exploitent des matières organiques telles que le bois, la paille, les copeaux… Ces éléments solides sont transformés via divers procédés (combustion, gazéification, digestion…) qui permettent de produire de la chaleur et de l’électricité. En France, les installations sont peu nombreuses mais de grande taille. Fin 2016, l’observatoire recençait 38 centrales de cogénération biomasse (contre 36 fin 2015). La puissance installée est assez modeste : 408 MW électriques (contre 365 à fin 2015, mais sept sites sont en construction ou en projet avancé, pour une capacité totale de 220 MWe


5. Le biogaz

La puissance électrique installée est de 385 MW, répartie sur 478 sites. Le biogaz, issu de la fermentation de la matière organique peut être produit par des décharges (238 installations dont 49 qui produisent exclusivement de l’électricité), du traitement des ordures ménagères (12 unités de tri seulement produisent du biogaz), des stations d’épuration urbaines (88 unités de traitement) ou encore des installation de méthanisation dédiées au traitement des effluents agricole. Le gaz produit peut-être injecté en partie dans le réseau de GDF, ou brûlé pour produire de l’électricité. La filière aurait représenté 2250 empois en 2015 et aurait rapporté un chiffre d’affaire de 600 millions d’euros.


6. Les déchets ménagers

L’incinération des déchets a permis en 2015 de produire 1732 Gigawatts d’électricité. Mais l’objectif est plutôt de réduire le nombre de déchets à incinérer en misant plutôt sur la réutilisation, le recyclage ou, mieux encore, la non génération de ces futurs déchets. Parallèlement, le “plan déchets” du ministère de l’environnement vise aussi à réduire la quantité de détritus qui passe au travers des mailles des filières de la valorisation énergétique.


7. La géothermie

Les installations géothermiques sont étroitement liées à la proximité de volcans ou de zones dans lesquelles l’activité tectonique génère de fortes chaleurs. En France, la puissance installée à fin 2015 est de 17 MW, répartis sur deux sites : Bouillante en Guadeloupe et de Soultz-sous-Forêts en Alsace. Mais des projets de nouvelles centrales sont prévus d’ici 2023 dans le Massif central, dans le couloir rhodanien et sur les contreforts du massif pyrénéen.


8. Les énergies marines

Fin septembre 2016, on comptait 241,04 Mégawatts de puissance installée en France. Cette puissance est représentée presque en totalité par l’usine marémotrice de la Rance (240 MW). À cela s’ajoutent quelques apports de la première hydrolienne française mise en place en juin 2015 près d’Ouessant (Finistère). Sa puissance de 1 MW lui permet, à certaines heures, de couvrir un quart des besoins de l’île. S’y ajoutent divers projets pilotes d’hydrolien fluvial, d’énergie houlomotrice, thermique ou osmotique. Mais c’est sans doute du côté de l’éolien offshore que le potentiel est le plus important.


La première éolienne flottante devrait d’ailleurs être déployée d’ici l’automne 2017 au large du Croisic (Loire-Atlantique), sur le site d’expérimentation en mer Sem-Rev de l’école Centrale de Nantes.Ce portrait énergétique de la France est donc plutôt positif. Mais toutefois, alors que la France vise entre 71 et 78 GW de capacités installées à l’horizon 2023, “si on se projetait dans la tendance d’aujourd’hui (…) on n’atteindrait pas tout à fait” le bas de cette fourchette, remarque M. Tuillé. Et cela même si l’éolien et le solaire semblent retrouver un rythme plus dynamique de développement, avec une croissance respective de 7,8% et de 7,1% l’an dernier, détaille le baromètre.En revanche, d’autres filières, comme les énergies marines (hydrolien, éolien en mer, etc.) avancent moins vite que prévu, avec des retards annoncés dans l’éolien en mer, ou encore le désengagement de certains grands acteurs, par exemple Areva dans l’éolien en mer, Engie dans l’hydrolien, ou encore l’abandon par EDF en 2013 d’un projet de géothermie dans les Caraïbes. L’hydraulique stagne également, malgré le potentiel de la petite hydroélectricité, du fait de la réglementation sur le classement environnemental des cours d’eau, tandis que dans la biomasse, la production de gaz est de plus en plus privilégiée par rapport à la production d’électricité.



Source : Science et vie – Mars 2017

Lien : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/developpement-durable/ou-en-est-l-electricite-renouvelable-en-france_109632

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